Pour la sixième année consécutive, le Département du Pas-de-Calais s’associe à France Travail et à l’ensemble des acteurs de l’insertion pour mettre ou remettre le pied à l’étrier des demandeurs d’emploi les plus éloignés du marché du travail à l'occasion de la semaine "les Clés pour réussir". Pour l’ouverture de cette semaine le lundi 31 mars à Annezin, René Hocq, Vice-président du Département en charge du RSA et de l’insertion était aux côtés de la commune, de l’État et de France Travail pour rappeler que depuis 2009 le Pas-de-Calais s’est engagé pleinement dans la bataille pour l’emploi avant d’aller à la rencontre des demandeurs d’emploi, organismes de formation et employeurs du secteur des métiers de l’aide à la personne.

 

Avec plus de 30 000 foyers bénéficiaires en moins dans le Pas-de-Calais depuis le lancement de sa politique volontariste d'accompagnement social et professionnel des bénéficiaires du RSA, et 10 000 retours à l’emploi en à peine 5 ans, la méthode des services du Département fait ses preuves et inspire désormais les autres départements des Hauts-de-France. Des chiffres rappelés par René Hocq en introduction de cette première journée consacrée aux métiers et de l’aide à la personne.

 

« Permettre à celles et ceux qui le souhaitent d’accéder à l’emploi est une priorité pour le Pas-de-Calais Avec 39 manifestations organisées dans tout le Pas-de-Calais, la semaine les clés pour réussir, en parallèle de l’accompagnement des jeunes et des bénéficiaires du RSA tout au long de l’année, c’est l’occasion de trouver des solutions concrètes pour les personnes qui veulent rejoindre le marché du travail et de mettre un coup de projecteur sur des métiers porteurs, sur les secteurs qui recrutent, avec des emplois à la clé. »

 

Retrouver le programme des événements organisés dans le cadre de la semaine les clés pour réussir sur mesevenementsemploi.francetravail.fr. Attention, l'inscription pour la plupart des événements est obligatoire.

Privilégier des métiers porteurs

Plutôt que d’orienter les demandeurs d'emploi vers une offre de formation générale, le Département a fait le choix dans l’ensemble de ses politiques d’insertion de se focaliser sur les métiers porteurs, ceux pour lesquels de réels débouchés existent. Et pour limiter les déceptions et échecs, la politique départementale s’est construite dans une logique de sécurisation des parcours : en fonction de ses besoins et attentes, chaque bénéficiaire accompagné par le Département et ses partenaires se voit proposer des sensibilisations aux métiers des secteurs les plus porteurs, avec la possibilité de s’y essayer quelques jour dans le cadre d’une découverte-métier ou d’une immersion. Une phase clé qui permet ensuite l’accès à une formation « préparatoire » pour acquérir les prérequis nécessaires à une entrée formation qualifiante, avec  souvent à la clé une embauche dès la sortie de formation.

Avec d’importants besoins en recrutement, le secteur des métiers du soin et de l’accompagnement ne fait pas exception et à Annezin étaient rassemblés le 31 mars une vingtaine de structures spécialisées dans l’accompagnement et la formation, mais aussi employeuses avec des offres d’emploi à pourvoir immédiatement, à l’image d’Adomlys dont deux représentantes étaient venues recruter du personnel :

« Sur ce type d’événements, l’objectif pour nous est de repérer des profils intéressants : soit des personnes déjà formées et mobiles que l’on pourrait recruter directement, soit des personnes qui seraient intéressées pour se former au métier d’auxiliaire de vie, car nous avons un besoin constant de trouver de personnel qualifié pour faire face à la demande, d’autant plus que nous avons ouvert une nouvelle antenne sur le secteur de Béthune.

Et ce qui est intéressant avec des manifestations comme celles-ci, c’est que l’on peut orienter directement une personne vers un organisme de formation qui est également sur place, ou l’envoyer vers un partenaire pour trouver une solution de garde ou un financement du permis de conduire.

Pour nous, le savoir-faire c’est quelque chose qui peut s’acquérir en formation, donc ce qui prime, ce sera le savoir-être et l’envie : avoir envie d’aider l’autre, avoir de l’empathie, être autonome et polyvalent, car chacune des personnes au service de qui nous travaillons est différente, avec ses propres besoins, ses habitudes… »

Un discours confirmé par Élodie Lemaire, coordinatrice d’Espace Learning Pro, un organisme de formation spécialisé dans les services à la personne : « Effectivement, pour ces métiers, ce sont avant tout des qualités humaines que nous recherchons. Les personnes ont souvent une vision erronée des métiers de l’aide à la personne : dans l’esprit de beaucoup, ça se résume aux courses, au ménage et aux toilettes. Mais il y a aussi tout un volet d’accompagnement social. Et ça, ça ne s’apprend pas forcément en formation, il faut en avoir envie, être à l’aise, etc. C’est pourquoi avant toute entrée en formation, il est pour nous important que les personnes passent par une « préparatoire » ou une immersion, afin de savoir dans quoi elles se lancent, et que cela fasse partie d’un véritable projet professionnel.

En fonctionnant ainsi, nous avons quasiment 100% de retour à l’emploi en sortie de formation, presque systématiquement en CDI. Tout en sachant que la demande risque d’exploser, avec de plus en plus de personnes âgées qui souhaitent continuer à vivre à domicile. »