Chaque année, le Conseil départemental invite les équipes de direction des collèges publics à débattre des orientations de la collectivité en matière d’accompagnement éducatif, de gestion des bâtiments… Bref, de discuter des sujets qui font la vie des collèges. En cette année budgétaire complexe, cette réunion qui s’est tenue mardi 1er avril, a permis à Blandine Drain, vice-présidente en charge notamment des collèges, de réaffirmer la priorité donnée à l’éducation « sans abandon, ni renoncement. »
Fort d’une démarche partenariale constructive avec les directions des 125 collèges dont il a la gestion, le Département mène depuis des années une politique éducative qui contribue à l’épanouissement des collégiens, à offrir de bonnes conditions d’apprentissage, de travail… Réunir les Principaux de collèges, les personnels de direction pour présenter et discuter des orientations de la collectivité en matière de politique éducative, d’investissement… est donc une évidence pour Blandine Drain : « C’est un temps précieux pour faire de cette compétence partagée entre le Département et l’Éducation Nationale, une compétence pleinement collaborative, dans un respect mutuel d’écoute et de considération. »
Cette séance plénière dédiée a été occasion d’aborder trois thèmes : le maillage des collèges aujourd’hui et demain, en prenant notamment en compte les perspectives de baisse démographique ; la loi EGAlim et ses enjeux pour une alimentation de qualité, durable et de proximité dans la restauration scolaire ; l’organisation de la mission de service public et l'accompagnement des personnels en collège. Un quatrième volet est venu conclure cette réunion, la présentation du budget 2025 et sa déclinaison en matière d’éducation.
Une réunion constructive qui a notamment permis de réaffirmer la collaboration et le partenariat riches entre l’Éducation nationale, les collèges, la collectivité. « L’idée n’est pas de subir l’avenir, mais de le préparer. C’est ce que nous faisons en conjuguant nos efforts pour trouver des solutions pour chacun », souligne Blandine Drain.
Plus forts ensemble : Questions à Blandine Drain, vice-présidente du Conseil départemental en charge des collèges, des politiques éducatives et de l’enseignement supérieur.
Dans quelle mesure est-ce important pour le Département de réunir les Principaux et les équipes de direction des collèges ?
« C’est fondamental. Il y a deux façons d’exercer une compétence partagée. Soit nous travaillons chacun dans notre coin, soit nous sommes dans une vraie démarche collaborative. La collaboration, c’est le choix que le Département fait depuis des années. Ces réunions sont de vrais temps d’échanges, sans sujets tabous. Nous sommes là pour nous dire les choses. C’est ce qui fait la qualité de notre relation partenariale : franche, sincère, ouverte et dans la droite ligne du projet de mandat. Notre président, Jean-Claude Leroy et la majorité départementale ont souhaité aller vers les citoyens pour construire avec eux. C’est notre conception de la démocratie. Celle que l’on veut transmettre notamment aux collégiens. »
Cette démarche collaborative porte ses fruits ?
« Le fait de travailler ensemble sur des sujets tels que le partenariat éducatif, l’alimentation, le maillage scolaire, l’équipement numérique… nous permet de lever les obstacles et donc d’être plus efficaces dans notre action et nos politiques publiques. »
La contrainte budgétaire est l’un de ces obstacles ?
« L’obstacle budgétaire est conséquent, c’est vrai, mais le budget collèges dans son ensemble n’a pas fait l’objet de restriction. Pour le financement des actions pédagogiques, des sorties scolaires… nous sommes restés sur le même budget de 2,5 millions d’euros. Pour ce qui est de l’investissement dans les collèges : grosses rénovations, maintenance… c’est environ 50 millions d’euros, soit la même somme consacrée depuis une dizaine d’années. Par contre, et nous nous en réjouissons, les prix de l’énergie ayant considérablement diminué, les établissements ont moins à dépenser, la dotation de fonctionnement a donc été réduite. »
Quelles perspectives pour la rentrée 2025 ?
« La rentrée va bien se passer pour plusieurs raisons, notamment parce que l’on a maintenu notre politique volontariste sur l’accompagnement des projets éducatifs. C’est la première attente de la communauté éducative. Elle va bien se passer aussi parce que l’on a vraiment une collaboration très précieuse de la part de l’Éducation nationale. Ainsi, nous allons récupérer près de 12 millions des fonds de roulement des établissements pour les réinjecter dans les collèges qui en ont le plus besoin. »
Concernant le plan collège et le programme de construction, la priorité reste la résorption des collèges métalliques ?
« La sécurité des collégiens est notre priorité absolue. La suppression des collèges métalliques est donc une nécessité impérieuse. Cela induit de reporter ou d’optimiser d’autres opérations et je comprends la déception des chefs d’établissements qui attendent des travaux d’ampleur et qui vont devoir encore patienter ou accepter qu’une partie des travaux soit réalisée. »
La restauration scolaire de qualité et de proximité est toujours une priorité ?
« Nous avons déjà fait beaucoup pour offrir à nos collégiens une alimentation saine, sûre et durable pour tous : plus de produits bios, plus de produits locaux… mais nous n’atteignons pas encore les objectifs fixés par la loi EGAlim*. Ce n’est pas acceptable. C’est une loi indispensable pour l’environnement, pour la santé de nos collégiens, pour le monde agricole… La force de frappe du Département, c’est 10 millions d’euros d'achats alimentaires par an. Nous avons de quoi soutenir le monde agricole. Au-delà de l’obligation législative, c’est une obligation citoyenne que d’atteindre tous ensemble les objectifs de cette loi. Mais le Département seul ne peut les atteindre. Nous avons besoin de la Chambre d’agriculture, de l’administration… pour faciliter le travail de nos chefs de productions et des producteurs eux-mêmes. »
En début d’année, vous avez lancé les concertations citoyennes dans les collèges. Les retours sont positifs ?
« La première consultation qui avait pour thème justement l’alimentation durable a été très riche de par la participation active d’élèves. On se rend compte que les principaux concernés ont beaucoup à nous apprendre. Bien souvent ils pointent du doigt des sujets que l’on n’avait pas dans notre viseur. Il est grand temps d’écouter aussi la jeunesse de ce pays. Elle a des préoccupations différentes des nôtres et a parfois une conscience plus aiguë de certains enjeux. »
Les prochaines concertations citoyennes auront lieu le 20 mai au collège Daunou à Boulogne-sur-Mer sur le thème des réussites citoyennes et le 10 juin au collège de la Morinie à Saint-Omer sur le thème de l’inclusion et du handicap.
*Depuis le 1er janvier 2022, la loi EGAlim impose aux restaurants collectifs assurant un service public de proposer 50 % de produits de qualité et durables, dont au moins 20 % de produits biologiques.